vendredi 6 novembre 2009

Exquis réquisitoire (de Fortune) sur Steve (Jobs)


Steven Paul Jobs est avant tout, un être d'exception qui traverse les décennies en traçant un sillon dans lequel ses suiveurs (les entreprises informatiques de la Silicon Valley, aux portes de San Francisco, en Californie) s'empressent de planter leurs graines avec l'espoir d'en tirer profit. 33 ans que ça dure...


Pour autant, avons-nous compris quel sillage il trace et où il va, où il nous conduit ?


La dernière livraison de Fortune, dans son classement annuel des 500 plus grandes entreprises US, fait la une sur un titre élogieux : Steve Jobs CEO (P-D. G.) de la décennie, rien de moins ! (les esthètes apprécieront au passage une composition typographique harmonieuse mêlant deux fontes). Quelques sous-titres relevés en une dont : "comment il a changé notre monde". Si ce n'est pas dithyrambique...


Sans vouloir faire de prosélytisme (quoique...) , j'aimerais revenir sur cet hommage rendu par le magazine américain avec pour toile de fond une deuxième réflexion qui, bien sûr est sous-jacente au titre : " Comment il va changer le monde !" car c'est bien de cela qu'il s'agit, aujourd'hui.


Steve Jobs sera-t-il le maître du monde. Non, ce n'est pas son graal ! Il est de toute autre nature et derrière ce visionnaire hors pair, se desine un humaniste exceptionnel.


Si l’obsession qui l'a animé à la création, en 1976 d'Apple computers a été clairement exprimée : "Je veux créer un ordinateur qui soit au service de l'Homme" lui a valu quelques déconvenues (on n'oubliera pas son éviction en 1985 de la société qu'il a fondée...) il lui a permis en revanche de se "refaire". Selon ses dires, son éviction lui a été bénéfique (cf le discours aux étudiants de Standford, à visionner sur http://vimeo.com/358828).


Eloigné, blessé, Jobs, dans un sursaut s'est, à l'ombre de Next (système d'exploitation qu'il a créé pendant sa traversée du désert), forgé un tempérament de super winer. Puis il est revenu en 1997, par la grande porte, a fait le ménage, a repris les rennes et a permis à Apple de redécoller après 12 ans à tutoyer le dépôt de bilan, sauvé par une injection de 400 millions de dollars par... Microsoft (qui a ainsi évité de se trouver en position d monopole, il n'y avait pas dans la démarche de Bill Gates d'autre objectif, alors que d'éviter un passage devant la Cour de Justice...)


Après avoir consolidé la seule société au monde qui, dans le domaine informatique, produise à la fois le matériel et le système d'exploitation agrémenté des logiciels optimisés et en phase avec les composants électroniques, il ambitionne d'aller encore de l'avant.


Il s'affranchit de l'étiquette informatique dès le début des années 2000, en transformant l'entreprise en Apple Inc. ; exit le "computers". Jobs s'est alors lancé à la conquête du grand public.


Supplanter Sony, maître incontesté dans le domaine de la musique (Sony vendait des chaînes, des walkmans et... de la musique) n'a pas traîné : en 3 ans, l'iPod et l'iTunes Music Store ont explosé deux générations de mélomanes (plutôt des rockers) habitués aux cassettes, CD. Jobs a institutionnalisé le MP3 (bien que son format "maison" soit le AAC).


En 8 ans d'existence, Apple détient 73% de parts de marché dans la vente de la musique online aux États-Unis... Jobs est passé maître dans l'art de vendre de la musique avec une idée simple : la vente non plus d'un album complet mais d'un morceau de musique à 0,99 cent l'unité. 8 ans, plus de 8 milliards de titres distribués par internet.


Un tsunami : Apple vainqueur de Sony par KO. Sony ne s'en remettra probablement jamais, après avoirt pourtant dominé de pieds en cap une industrie très florissante...


Puis épisode iPhone... là encore, inutile de décrire le succès phénoménal du terminal frappé d’une pomme... Un seul modèle (même forme, mêmes fonctionnalités améliorées) et non pas une gamme de 20, 30 modèles différents... un magasin en ligne pourvu aujourd’hui de plus de 100,000 applications.


Entendons-nous, pour le moment, un titre de livre est considéré comme une application à part entière. Cette logique va rapidement laisser place à une autre notion : la distribution gratuite d’applications permettant d’acheter un contenu payant. La roue tourne, l’affaire se bonifie. Ceci étant valable pour les jeux, l’édition de livrels, etc.


Et nous arrivons aux portes de Noël où, cette année, le livre électronique est promis aux plus belles ventes (3 millions de readers prévus), du contenu à se mettre sous la dent. Vivement la publication du Roman d’Arnaud (en cours de gestation par 3 jeunes auteurs qui s’attaquent à un monument prometteur, une écriture via internet, publiée au jour le jour via Facebook, voir le post précédent).


Un seul absent, un absent de marque : Jobs ne sera pas cette année aux premières loges. Le lecteur tant attendu, souhaité par les aficionados, ne serra, a priori annoncé qu’à la mi-janvier pour une commercialisation au printemps 2010...


Au-delà du symbole de Noël, Steve Jobs avance sur son jeu de Go et encercle un peu plus ses « adversaires ». Le produit et ses fonctionnalités seront exceptionnels, personne n’en doute. Mais, après, que sera le prochain « One more thing ! » ?


Steve Jobs n’a pas la réputation de dévoiler (y compris à ses proches lieutenants) sa stratégies ou les produits en gestation dans les laboratoires de Cupertino. D’aucuns murmurent la vidéo, la TV, ...

On n’a pas fin d’en entendre parler...


Malgré tous les travers que Jobs/Apple sous-entend (bas de laine de plus de 40 milliards $, capitalisation boursière de 147 milliards $ supérieure à un autre géant, Google), force est de constater qu’avec pugnacité et ténacité, le couple charismatique a aujourd’hui toutes les valeurs requises pour en faire le flamboyant étendard d’un humanisme qui annonce le virage vers l’économie du don et du partage.

Rappelons-nous que la santé de Steve Jobs, à deux reprises en 4 ans, a frôlé le pire. Il maîtrise néanmoins de main de maître la situation.


Le sillon est ô combien fertile. Soyons insatiables, soyons fous, à l’image du conseil qu’il nous prodigue en conclusion de son discours de Standford,


jeudi 5 novembre 2009

François enquête sur ma mort et Steph refuse ma requête



http://bit.ly/1D29Tl - C'est là, page 21 que l'affaire a commencé.

Hier soir, vers 19 h 30, je découvre grâce à une alerte de Lorenzo que, décapité, je gis de tout mon long, sur un établi, un rabot dans la main gauche (normal, je suis gaucher...).

L'affaire fait grand bruit (nulle part) mais bon, admettez que d'apprendre sa mort via Facebook n'est pas donné à tout le monde : ce n'est pas banal.

Ainsi, serais-je la première victime du livre électronique ? Et par quelle magie un mort communique-t-il, de nous jours avec les vivants ?

Dès lors, comment vivre (quand on est mort)? Ubuesque à coup sûr. Est-ce un fardeau si lourd à porter que la seule alternative consiste à revivre ?

C'est l'option que j'ai choisie, un formidable challenge engagé par les trois auteurs du "Roman d'Arnaud", oeuvre collective*, écriture d'un nouveau type qui amorce la civilisation du don et du partage.

J'en avais (je suis mort) parlé à maintes reprises et la voici à pied d'oeuvre ! Rien n'a changé pourtant, ma détermination y voit là un encouragement à la très modeste contribution à un éveil des consciences et des comportements dans le monde de la "chaîne du livre".

L'expérience es tunique, un nouvel essor pour la littérature, avec en toile de fond un roman qui se bâti au jour le jour avec un fil de discussion qui prend en compte les réactions des lecteur au fil de la progression de son écriture et surtout, j'en suis avec Stéphanie Paradis, un exemple concret de l'incursion dans le virtuel de personnages IRL (in real life comme aime à le dire Lorenzo Soccavo).

Mais attention, à n'en pas douter, d'autres personnages, peut-être vous, on peut s'attendre à tout avec ces trois là, vont surgir, piochés dans notre vie de chaque jour.

Quant à l'inspecteur François, je devine entre les lignes sa véritable identité IRL... mais bon, est- ce que les morts auraient la faculté d'une intuition réputée dévolue aux femmes ???


* Gwen Català, depuis la Thaïlande, Jean-François Gayrard depuis Montréal et Christophe Sanchez depuis je ne sais où... À savourer au quotidien sur le lien cité en début de post sans omettre votre participation attendue dans l'onglet "discussions" sur : http://www.facebook.com/pages/Le-Roman-dArnaud/82126509996

mardi 3 novembre 2009

Après Antoine (Gallimard), Serge (Eyrolles) remet le couvert

La mode est décidément aux doubles pages (format obligatoire pour parler livre numérique ?).


Anéfé (coucou, Xtine :-)) la livraison hebdomadaire du 29 octobre de "Le nouvel Économiste" étale sur une surface généreuse un dossier (tel Le Monde ce week-end ) sur... le livre numérique.


En fronton introductif, nous avons : Bibliothèque bleue avec pour illustration le pire des readers jamais vus (genre prototype 1980 et quelques : moche, épais, bardé de boutons, un truc vraiment repoussant, comme pour dire : vous n'allez quand même pas acheter cette horreur, voyez come il est laid...). Ça met dans l'ambiance, d'emblée.


On tourne la page et là, bien calé avec son Kindle, apparaît (tel Steve Jobs dans un de ses mythiques keynotes) ; c'est déjà plus sexy ! D'entrée de jeu c'est déjà moins orienté anti puisqu'on a droit à un éloge et aux vertus du livrel. Bien.


Au passage, clin d'oeil à Steve (Jobs) comme sur tous les articles diffusés ces temps derniers. S’en suivent des détails que nous connaissons tous sur Amazon, Kindle, Wifi, médias, ... Puis Google Books (rien de nouveau, Google est toujours diabolisé...) Ton plutôt positif, moins sulfureux que ce week-end ; on reprend tous les thèmes d'actu : l'arrivée du numérique en 2010, la BNF, Lyon (photo de Patrick Bazin), le coût de la numérisation (entre0,30 et 4 € la page), les relations auteurs/éditeurs, les bibliothèques, prix des liseuses, puis raccord avec un encadré à suivre en haut à droite : Serge Eyrolles.


Notons au passage les assises du livre numérique (pas dit dans le média sus-nommé) organisées par le SNE et donc le président Serge le 25 novembre à la Mutualité : j'y serai ; Virginie Clayssen introduira la commission numérique du SNE à 14 h 15. C’est jusqu’à 18 h. avec des retours d’expériences allemands, anglais et italiens.


Enfin, Serge Eyrolles s'exprime, sort de son silence (on attendait ça...). Mais bon pour annoncer dans un élan de générosité : "A terme je pense toutefois qu'il faudra que l'auteur soit le plus justement rémunéré pour les consultations online de ses ouvrages". J'ai mal lu ? Quid des téléchargement ? Voulait-il parler de la rémunération des oeuvres téléchargées ou seulement celles sui sont consultées online. Mystère et ambiguité. Suivent deux propositions eyrolliennes : forfait ou rémunération à l'acte.


Bizarre, à aucun moment je ne lis une quelconque allusion à un hypothétique dialogue avec les écrivains. Les seigneurs décident. Orthographié « ei » et non « ai ».


Sans doute une interpellation le 25 novembre sera-telle de nature à nous éclaire rpleinement sur cette annonce dont le sensprofond m’échappe.


Enfin pour clore ce panorama, nous retrouvons Alban Cerisier, bras droit d'Antoine Gallimard qui, bien évidemment n'allait pas contredire son boss avec un discours du même tonneau : "Le numérique est très angoissant pour les auteurs et formidablement anxiogène pour les éditeurs (tu parles, Charles) qui sont ceux qui garantissent (SGDG* comme on disait avant) par le contrat que le droit moral des auteurs est respecté.

Fermez le ban, merci surtout d'y avoir pensé...


On peut piocher l'essentiel sur le net Le nouvel Économiste ici ou se fendre de 4 euros pour la version papier que je viens de toper à la maison de la presse centrale au pied des halles.

En prime quelques chiffres repères mais surtout dans les pages à suivre, un bel hommage à la sérendipité, plutôt bien fait, pédagogique, bref de meilleure facture dans son ensemble que la version dominicale du boulevard des Italiens.


Enfin, grâce au numérique, les supports papier se vendent... Cela dit ne serait-ce pour la sérendipité, le click ... and paper (à propos du marketing direct) ou pour la double consacrée à vente.privee.com et la réduction espace-temps chère à mon ami Henry, mes 4 euros me réconcilient avec les rotos.


* expression des années 50-60 : "sans garantie du gouvernement", passée en désuétude, qu'il serait sans doute judicieux de réhabiliter...


Pensée pour Oriane, notre deuxième fille, future archéologue, en études à Montpellier qui fête ses 20 ans ce jour. Ajoutez-y 80 pour un hommage à une vie bien remplie, celle de Claude Levi-Strauss.

dimanche 1 novembre 2009

M. Gallimard se tire une balle dans le pied !


lecture en bibliothèque - photo jlb

Sur deux points au moins, Antoine Gallimard commet des erreurs et tente —de mauvaise foi— de faire porter le chapeau à ceux qui annoncent l'arrivée du livre numérique.


Lire à ce propos les deux pages consacrées ce weed-end dans Le Monde pages 18 et 19


Visionnaires à juste titre, B.R., F.B., I.A, L.S., H.B., H.G., C.K., O.E., M.D, R.C*, ... et tant d’autres qui en sont les flamboyants émissaires ne sont pas les mercantiles qu’Antoine Gallimard dénonce dans un réquisitoire au vitriol. Il tente de masquer une nouvelle OPA qu’il va certainement mener pour (ce sont des hypothèses probables) :


a- rattacher aux droits d’auteurs de base un avenant basé sur le même pourcentage, arguant des frais (inexistants) liées au livre numérique. Attention, depuis plus de vingt ans, les livres imprimés sont à base de fichiers déjà numérique,. Seule une mise en forme appropriée pour les rendre digestes sur les différents terminaux est à mettre en oeuvre. Enfin, rappel : les frais d’impression, de façonnage, de stockage, de livraisons (oui avec un « s »), de reprise et de mise au pilon sont à extraire du coût de production.


b - tenter de réduire le prix du numérique de -10% à -20% alors que la demande initiée par les usages (aux USA) situe la réduction à au moins -40% du format papier. En-deça, aucune chance de passer en force, personne ne gobera et le téléchargement illégal sera garanti. Rappelons qu’une coopérative existe, viable, en forte expansion et propose 50% des bénéfices au profit des auteurs pour une somme convenablement minorée par rapport au papier. Il convenait d’anticiper. C’est fait. Exemple à répliquer.


1 - Son manque d’intuition l'entraîne à un jugement erroné


À bien y regarder, n'est-il pas, lui le marchand de soupe, accusation qu'il porte envers les acteurs de la filière numérique ? En se défossant et en laissant croire que ces derniers sont les fossoyeurs de la littérature, il obère par là la faculté à tous de bénéficier d'une avancée technologique inéluctable. Car après la musique et le cinéma, pourquoi l'édition s'affranchirait-elle du numérique ? L'industrie des nouvelles technologies y va ; allons-y ensemble... ou restons sur le bord de la route.


De plus à s'insurger contre le téléchargement prévisible si le statu quo se prolonge —car une fois les dispositifs de lecture sur le marché ; rappelons que le coup d'envoi sera pour les fêtes de fin d'année— les consommateurs, une fois en possession des terminaux dédiés (e-readers et tablettes annoncées, car pour l'ordinateur et le smartphone, c'est fait) chercheront imanquablement du contenu pour satisfaire leurs désirs. Qui pourrait le leur reprocher ? Où le trouvera-t-il à votre avis si aucun offre légale en termes de contenu n’est disponible ?


Précisons que les oeuvres non soumises aux droits d’auteur (en France, 70 ans après la mort de l’auteur) sont disponibles gratuitement sur de nombreux sites associatifs. En aucune façon une entreprise n’est habilitée à en faire commerce, aucune.


Oui, Monsieur Gallimard, à défaut de se précipiter chez Google pour négocier, vous risquez précisément l’étouffement et par là même participerez au déclin du rayonnement de la culture française. Se dépêcher est urgent. Si Google part sans nous, son catalogue, sans nous mettra d’emblée le curseur de notre visibilité à la hauteur où nous le positionnerons.


Lundi 9 novembre, le juge fédéral de l’état de New York auditionnera les parties en lice pour le Google Book Settlement. En serez-vous ?

2 - Aujourd'hui il clame haut et fort ce que demain il idolâtrera...


Car évidemment, lorsque le succès viendra (quand ?), Monsieur Gallimard et ses comparses crieront haut et fort que, grâce au numérique... et que c’est une avancée formidable. Euros sonnants et trébuchants auront raison de sa diatribe d’aujourd’hui. A n’en pas douter.


Si je me trompe, prévenez-moi.


* N’étant pas habilité à parler en leur nom, j’inscris les initiales des évangélisateurs et des principaux acteurs du livre numérique en France.

jeudi 29 octobre 2009

Prognostication nouvelle


illustration tirée de la couverture "Nostradamus and his prophecies, by Edgar Leoni, sur Google Search Books


Le titre exact de l'ouvrage " Prognostication nouvelle et prediction portenteuse" nous informe Ouest-France ce jour, sera un des tout premiers ouvrages (unique exemplaire au monde) qui sera numérisé par Google en novembre. Ce livre est conservé à la bibliothèque municipale de Lyon qui a conclu un partenariat avec Google en vue de numériséer de 450.000 à 500.000 titres sur 6 à 10 ans.

Pour en savoir plus, connaître tous les aspects du contrat de partenariat conclu, connaître les points de vue des défenseurs et des opposants à la démarche googlienne, vous reporter en page Culture/Regards (toutes éditions de OF) du jeudi 29 octobre 2009.

Patrick Bazin, directeur de la bibliothèque de Lyon déclare notamment : "Permettre à des lecteurs du XXIe siècle d'accéder à des livres du XVIe siècle, ça ma paraît une une belle façon de démocratiser la culture" : j'adhère à ce propos ; le point de vue de Jean-Noël Janneney, ancien directeur de la BNF délivre un tout autre message...

Au passage, bon anniversaire à internet ; le 29 octobre 1969, le professeur Kleinrock faisait communiquer deux ordinateurs via le réseau (qui n'en n'était pas encore un...). À découvrir également sur la même page du quotidien breton.

mardi 27 octobre 2009

Et peut-être plus de 3 fois moins...


... que ce que le sondage nous indique, nous le rappelle Bruno Rives, ici.

Quant à son aspect (20 modèles suggérés ici), il est également probable que toutes les esquisses soient à côté de la plaque (ou pas...) bien que la proposition d'Adan Benton (solution avec un dock/craddle permettant l'usage d'un clavier pour en faire l'usage d'un laptop me séduise).

D'accord, cette prise de position est carrément tiède... Cependant j'ai vraiment un faible pour le concept du Nook de Barnes&Noble (bi-écran dont un petit LCD) qui a l'inconvénient de consommer une surplus d'énergie non négligeable mais ne sommes nous pas habitués avec l'iPhone à une autonomie réduite ?

Les solutions adossées à un chargeur solaire me semblent une excellente riposte à l'affirmation d'Unberto Eco : sur une île déserte, impossible de consulter un livre électronique (difficile en outre d'échouer par hasard sur une île déserte avec une bibliothèque de 3,650 et quelques ouvrages...) :-)

Unberto —dont personne ne remet en cause le grand talent— nous apprend également qu'il aurait du mal à consulter ledit dispositif électronique dans sa baignoire... tant il est vrai que de nos jours, nous prenons tous des bains... (en lisant la princesse de Clèves ? : ceci semble réservé aux locataires du palais élyséen...)

Quoi qu'il en soit, dès sa sortie, je me jette dessus... comme la ... sur le ...

samedi 24 octobre 2009

Les députés "se trompent". Et les cours du soir, alors ?

illustration DR : http://www.voyagevirtuel.info/grece/ecard/epidaure-epidavros-746.php

Par un fait extra - ordinaire, lors de la séance de vote, dans le cadre du budget 2010, les députés on voté hier après-midi (vendredi 23 octobre 09) un texte de loi.

Jusque là rien d'exceptionnel si ce n'est, nous relate les Échos, ici, qu'à l'issue du vote 44 pour et 40 contre (tiens je croyais qu'ils étaient 577, nos députés. Quoi ? Ah oui, c'est les vacances scolaires. C'est vrai, c'est pour ça qu'on les a élus, nos députés, pour conduire leur famille en vacances.) 2 députés UMP s'aperçoivent de la boulette (on leur a fait remarquer, probablement...)

Bercy communique à l'AFP qu'il y a eu "erreur technique" (humaine ?). Pas de soucis, on revotera semaine prochaine.

Morale de l'histoire : quand ça passe pas, on recommence (cf Hadopi ou référendum irlandais sur l'Europe)... Vous avez dit démocratie ?

Ben oui, jusqu'à ce qu'on obtienne par tous les moyens possibles (éthiques ?) le résultat escompté. C'est ça la nouvelle gouvernance comme ils l'appellent...

Euh, ça existe les cours du soir pour éviter que les députés se trompent lors d'un vote ?


samedi 17 octobre 2009

Editeurs et libraires US bientôt atomisés ?

évidemment, illustration tirée du nyt...

Une fois de plus, l'info nous parvient du New York Times, ici. Décidément un site incontournable, follower insatiable de l'universd"livres électroniques" qui se bâti au jour le jour ( Noël à J-78).

Hier c'est Wal-Mart (n° 1 mondial de la grande distribution, rappelons-le) qui a décidé d'entamer les hostilités afin de rafler la mise sur le ventes des bestsellers (je vous laisse deviner les répercussions sur le segment de la version numérisée: ebook).

Suite à nos nombreux allers-retours entre Amazon et Wal-Mart, et en vue de se positionner sur le juteux marché de la di$tribution ;-) de l'écrit, via marketing interposé, la descente aux enfers se dessine sous nos yeux hagards.

Et comme à l'habitude parce nous sommes incapables de réagir (nous sommes des professionnels aguerris de la non action...) nous laissons faire.

Oui mais que faire diront certains ? Bon ben alors, laissons faire.

Bref, il s'agit de savoir qui remportera le concours du "prix le plus bas". Jusqu'alors, le prix psychologique d'un ebook était 9,99 $ (au cours d'aujourd'hui = 6,70 €). Suite à la gué-guerre initié hier, nous en sommes à 8,99 $ pour le livre papier. Qui dit mieux ???

C'est déjà 59% à 74% en-dessous du prix "standard. Qui a dit que ça aller s'arrêter là ?

Et bien je vous paie mon billet qu'ils vont inventer une autre carotte du type : "Tu m'en pend 5 et je t'en offre un sixième GRATUIT" ou quelque chose de similaire.

Possibilité du prix de vente en France (sur cette tendance US) : "avec 5 achetés à 12 €, le Renaudot en prime" (non mais faut pas déc******, on va quand même pas les mettre à 6,70). T'as raison Henry, je délire.

On parie ???

Donc, pour en revenir au tire de ce post, et au regard de ce qui se trame aux US, quelle place restera-t-il pour les éditeurs et les libraires ? Parce que QUAND MEME, faudra bien les rémunérer nos auteurs.

Continuons le combat : atomisons éditeurs et libraires ?

Faudrait-y pas se grouiller d'agir, Monsieur Mitterrand ???

jeudi 15 octobre 2009

"Voilà plusieurs années que l'édition nous enfume"

C'est pas moi qui le dit, ça se lit sur bibliobs, ici


Autres extraits :


" Aujourd'hui, nous sommes largués. Le problème, c'est que le Syndicat de la librairie française (S.L.F.) ne veut pas faire de vagues. Pourtant, nous avons encore du poids. Nous devrions tenter de peser sur les négociations avec Google, en faisant du chantage auprès des grands groupes d'édition."


"Il faut financer l'infrastructure informatique, avec un gros serveur pour gérer le stock. Une chose est sûre : si on loupe le coche, on peut faire nos valises"


Si vous avez besoin d'une adresse, Apple à une époque faisait des Xserve, pas mal du tout ;-)


... Ils sont mal barrés... Moral dans les baskets à tout le moins...


Ça contraste avec l'avis de Charles Kermarrec (Dialogues, à Brest dans le top 4 des librairies indépendantes) toujours sur le même bibliobs qui fait un tour de France des libraires suite à l'annonce de Google Edition (voir post précédent qui en fait est après celui-ci...). Notre Breton du bout du monde à l'inverse déclare :


"Presque aucun libraire n'est équipé pour la vente en ligne. Les maisons d'édition ont-elles aussi du retard. Le marché est encore balbutiant, entre Hachette, qui a racheté Numilog, et Editis. C'est un fait : Google s'est réveillé plus vite que tout le circuit français"

c'est pour situer le débat puis d'enchaîner :

"Nous avons déjà eu des contacts avec Google. C'est un peu le compagnonnage entre le pot de terre et le pot de fer, mais ce n'est pas pour autant un compagnonnage désagréable."


Bon voilà qui va mieux, y en a qui savent tirer les marrons du feu et qui, au préalable, ont anticipé, car :

"...je ne suis pas inquiet. Je ne crois pas à la disparition du papier. Je crois même à une convergence entre les formats. Nous avons ainsi déposé un brevet, qui consiste à imprimer sur le livre un code qui, une fois scanné, renvoie vers une édition numérique. Le digital s'intègre ainsi à l'univers du libraire ».


C'est connu, la Bretagne est à la pointe des nouvelles technologies.


Allez comprendre quelque chose, on vit une drôle d'époque...


mercredi 14 octobre 2009

La fusée numérique part en aquaplaning. Google reprend les commandes

illustration Jim Gartner - Flick'r


Tous les clignotants, bloqués au rouge depuis quelque temps sont subitement passés au vert. C'était éminent, prévisible.


Google, survitaminé, vient juste de passer en mode overdrive et rectifie ainsi la trajectoire. Suées nocturnes.


C'est hier à 23 h sur le site de Livres Hebdo, ici que la nouvelle es tombée, en direct (presque) de Frankfort : Google annonce son petit dernier : Google Edition.


Rien d'autre sur la toile avant ce matin, sur La Tribune, puis chez ebouquin, ici. Ce même ebouquin nous décrit le nouveau reader tout chaud sorti de chez Gizmodo pour Barnes & Noble (je vous le disais, tout part en crabe, la chaussée est glissante, tout le monde se jette dessus).

La nuit dernière, même pas un entrefilet sur le New York Times ni le Wall Street Journal. Encore moins sur nos titres nationaux ni spécialisés. Silence radio.


Ont-ils été atomisés par la nouvelle ?

Ou plutôt n'ont-ils pas pris la mesure de l'événement ?


Cela bruissait depuis quelques semaines, on sentait venir le coup. Le Google Book Settlement, mis en stand by par le report de la cour de justice de l’état de New York n’a pas infléchi pour autant le timing que s‘était fixé Google. Tout est prévu au millimètre, à n’en pas douter. La stratégie était écrite : Noël c’est dans exactement 80 jours...


80 jours de quoi surfer relax dans un voyage fantastique auquel nous convie Google. Tout est clos cacheté, peaufiné, calé aux petits oignons.


Les e-readers (contenant, l’outil) sont fins prêts et on nous promet quelques dizaines de milliers de ventes pour les fêtes de fin d’année. Quant au contenu, entre Google, le projet Gutenberg et les bonnes dizaines de sites de chargement LEGAUX, sans compter l'AppStore avec déjà quelques milliers de références, "ça devrait largement le faire".


Les pièces du puzzle s’emboîtent à la perfection

Depuis, tout s'emballe dans l'univers de l'édition numérique : depuis les annonces de commercialisation de dispositifs de lectures, au quotidien, jusqu'à la mise en place programmée des contenus en passant par la création de plateformes de diffusion numériques regroupant les editeurs "majeurs". Les éditeurs découvrent les vertus du numérique qui leur apparaît soudain une formidable machine à dynamiser les ventes.


Ben voyons, le mois dernier, c'était assimilé à du terrorisme. Bref, passons, quand il faut récupérer de la monnaie, les grandes déclarations font place au pragmatisme... capitaliste...


Google, assurément est le maître du jeu et détient de surcroît tous les jokers. Parti très tard dans l’aventure de la numérisation (1972 : le projet Gutenberg de Michaël Hart est lancé : 200.000 versions électronique de livres tombés dans le domaine public en 37 ans... Google près de 10.000.000 en 5 ans. Le rapport est vertigineux. Bien sûr avec une autre puissance de feu et une technologie terrassante.


Et Google est bon an mal 2,5 fois plus prolixe que Gallica, aujourd’hui. Europeana disposera en 2010 de 6.000.000 d’ouvrages du fonds européens (27 états), Google sévit sur la planète. Google dispose d’un fonds privés (les siens) alors qu’Europeana dépend des ressources publiques... Google dispose de réserves énormes par le biais de filiales dans le domaine des nouvelles technologies comme Nanosolar qui produit des panneaux solaires dernière génération, plus ses propres activités, véritables machines à cash. La capitalisation boursière de Google frôle les 150 milliards de $... (au coude a coude avec Apple qui la précède de 2 milliards de $).


Des nouveaux acteurs vont faire leur apparition

Un des chapitres, dans ce contexte prolixe en annonces est certainement celui découvert ce soir sur le New York Times, à lire ici.


Anéfé ;-) Jane Friedman, annonce la création de Open Road Integrated Media dont la vocation est de rééditer -en numérique- les ouvrages de grands noms de la littérature US. 16 mois après avoir quitté son poste à la direction de Harper Collins, elle prend, à 64 ans un nouveau départ. Ainsi le NYT écrit :

« Electronic “is going to be the center of the universe,” said Ms. Friedman, a flamboyant and relentless booster of authors during her four-decade career in New York publishing. “We really think that what we’re going to do is to help transform the industry, which is built on models that we all know are broken.”


Et ce n’est pas tout, Mme Friedman va proposer du rich media : vidéos, une vraie machine de guerre est en marche. Son catalogue propose d’ores et dejà près de 1.000 titres.

Et là-bas aux US, d’autres s’y mettent et pas des moindres : Penguin Group, Simon & Schuster, Scholastic.


Des Jane Friedman, bien sûr, dans les semaines à venir il y en aura tant et tant. Ici, Hatier va livrer des manuels scolaires numériques de Math et Histoire-Géo pur les 6e... Hachette-La Martinière, Editis s'engouffrent dans le numérique aussi. Dépêchons, y en aura pour tout le monde !

Alors, que nous rappelle actualitté, ici, "Sidérant. On se souvient des propos tenus par Jean-Marc Roberts, l'éditeur de Stock, lors d'une émission sur France Inter, cet été, qui assurait que les ebooks, très peu pour lui, sauf peut-être pour des livres qui ne se vendraient pas très bien", Stock annonce Françoise Sagan sur l'iPhone. Triple salto arrière AVEC double saut périlleux retourné, siou plaît...

Les uns après les autres, TOUS y viendront : survie de l'espèce... Attention à la marche en sortant...

C’est parti, demain, nous serons à 79 jours de Noël.

Et tout le monde attend le dernier outil d’Apple qui, lui, ne viendra (peut-être) qu’au printemps 2010, histoire d’en rajouter une pincée...


Oui, nos éditeurs ont bien raison de s’agiter, mais bon, fallait pas jouer les timorées, c’était inéluctable ; vos histoires de vélin, d’odeur d’encre et tout le tremblement, nous l’avions deviné c’était de la daube. Tout au plus un mauvais marketing... Bon après tout, l'erreur est humaine... si on veut, d'accord.


A vous auteurs, profitez de ce spectaculaire bond en avant pour renégocier vos contrats ; étudiez et verrouillez bien les clauses liées au numérique, ou alors passez directement dans une coopérative du type www.publie.net, François Bon saura vous épauler.


dimanche 11 octobre 2009

58 millions d’euros pour aider la presse. Judicieux ?

illustration tirée d'un article de J.F. Kahn sur : nouvelordremondial


Jusque là vilipendé, diabolisé, voire maudit, le numérique s’érige comme une alternative que bon nombre d’acteurs économiques vont porter / portent déjà aux nues. Ses détracteurs d’hier voient aujourd’hui en lui la planche de salut pour préserverdes pans entiers de l’économie en phase de déclin.


C’est le cas —entre autres— de la presse. Mais n’est-ce pas une planche savonnée ? Son émergence par le biais d’aides étatiques n’intègre-t-elle pas dans ses gènes une part malsaine de comportements douteux qui tentent les industriels ou les dirigeants à transgresser ce pour quoi ces subsides sont destinées ?


Le gouvernement attribue 18 millions d’euros à la presse...

Lors des assises du journalisme à Strabsbourg, jeudi dernier 8 octobre, Frédéric Mitterrand confirme l’octroi de 18 millions d’euros à destination des journalistes afin d’assurer leur transition vers les médias numériques (entendez par là, publiés sur le net). Lire ci l’article de Xavier Ternisien - lemonde.fr.


En effet, l’attribution de cette somme appelle plusieurs remarques ; je développerai une seule qui m’apparaît essentielle pour l’avenir de cette profession.


Soudain, le numérique, jusqu’alors considéré comme un gros mot, prend les couleurs de la vertu et devient l’outil salvateur destiné à sauver la presse...


Ajouté à cela que le gouvernement va également doter la profession de 20 autres millions pour moderniser l’outil de production (les rotatives, mais à quoi bon si on se tourne vers le numérique, l’investissement étant abyssal ???). Et pour clore le tout, encore 20 millions pour soutenir la presse numérique (rien compris à ce concept ambigu : activité numérique liée à l’impression ou passage au net ???) 18 + 20 + 20 = donc 58.


So what ?

Mais non, le compte n’y est pas. Les arguments développés par la presse ont toujours été : le numérique est notre ennemi, il creuse notre tombe (expression repris par de nombreux libraires à propos l’arrivée attendue (?) du numérique dans l’univers de l’édition).

Le gouvernement rend-il service aux journalistes en leur proposant de se précipiter vers les site en ligne ? [pour ma part je trouve fort utile de pouvoir en temps réel, découvrir un édito, un dossier, une actualité sur internet, sachant qu’il est impossible de s’abonner à une vingtaine de titres généraliste et autant de titres spécialistes, économiquement parlant. La visibilité sur le net est un plus indéniable].


En effet, les médias auront un mal fou à en tirer profit, à transformer deux siècles de presse écrite en site internet. Ils ont farouchement lutté hier contre internet, y sont venus contraints et forcés par le comportement des internautes, ont tenté d’initier des modèles économiques qui se sont tous révélés catastrophiques en termes de résultats. Ils pensent que l’heure est venue de s’y mettre une fois pour tous. C’est trop tard. (1)


Il est trop tard et ce sont eux-même qui par manque de vigilance ont créé cet inextricable situation

On ne gagne pas à tous les coups. Vouloir profiter d’internet est en soi louable, mais les conditions pour y arriver ne sont pas au rendez-vous, loin s’en faut. Nous l’avons vu, ils n’y ont pas cru, ont (dans l’ensemble) mis en ligne des informations trop souvent « people-isées » ou trop « dégradées », appauvries pour apporter une réelle valeur ajoutée (réservant aux lecteurs du papier la quintessence de leurs écrits). Les internautes n’ont pas accès à « leur jus de cerveaux » à moins de payer au prix fort l’info. Et pourquoi ?


Comment vont-ils faire revenir les lecteurs vers eux ? Avec la même stratégie : que nenni ! Un autre modèle économique : faudra être convaincant... A moins que, s’inspirant du business model de Steve Jobs (l’iTunes music store pour le contenu et l’App Store pour les applications) ils se « résignent » à rétropédaler : ce n’est gagné. Ce n’est pas dans la façon de faire des grands patrons de presse globalement plus obnubilés par les résultats que par soucis d’humanisme.


Steve Jobs est-il un humaniste ?

Oui, il a ouvert l’industrie de l’informatique (Macintosh) d’abord puis des outils grand public (iPod puis iPhone) vers quelque chose en accord avec notre temps.


Sa vision, ses actes sont ainsi : donner facilement accès au contenu à un prix tout à fait correct, juste, pour son auteur, réaliste pour le consommateur (plus de 8 milliards de titres ont été achetés en 8 années d’existence sur l'iTunes au prix de 0,99 euro le morceau —en réalité : 0,69 ou 0,99 ou 1,29 €— dont 70% pour l’ayant-droit).


Bref, Steve Jobs va dans le sens opposé de ce qui se fait encore aujourd’hui : l’achat d’une imprimante jet d’encre est sous-évalué (à 90 euros on trouve de bonnes imprimantes en WiFi) alors que l’encre est vendue à près de 1.000 (oui, mille) euros le litre (refaites les calculs, y a pas erreur).


Cela dit, Steve doit rendre des comptes à ses actionnaires et il vend cher, très cher sa technologie (le matériel) parce que derrière, il y a une R&D conséquente, ses produits vont vers l’humain. C’est justifié, réaliste ; ce n’est pas du marketing attrape-gogos.


L’ordinateur, chez Apple, est au service de l’Homme, contrairement à l’ensemble de l’industrie qui n’a jamais eu le sens de l’ergonomie, celle du comportement humain normal (cf aller dans « démarrer » pour éteindre son ordinateur : c’est définitivement, depuis longtemps un non sens jamais corrigé depuis 30 ans...).


Idem pour l’iPhone : l’écran tactile est vraiment sensible au toucher, nul besoin d’enfoncer fortement le doigt sur l’écran...) et le business model de l'App Store est une réelle innovation, des années-lumière devant micro$oft qui m'arrive même pas en copiant, à grappiller des part de marché significatives...


Ce n’est pas un prix réaliste ni adapté aux attentes

Pourquoi devrais-je payer plus d’un euro pour accéder à un article/dossier ?

C’est le cas du Wall Street Journal, mais aussi du Monde, des Échos mais aussi de certains quotidiens régionaux qui ponctionnent (tentent de ponctionner) une forte somme pour accéder à la mise en ligne. En gros le prix l’accès à un article est largement supérieur à l’achat du support papier duquel il est issu. Ce système ne peut pas irradier, crise économique ou pas, ceci ne change rien, c’est voué à l’échec. Définitivement.


Bien sûr, au lieu d’un achat au coup par coup, en s’abonnant, on obtient un tarif bien meilleur mais encore prohibitif. Quand j’achète un morceau de musique sur iTunes, il m’est facturé 0,99 € et pour l’album de 10 titres, c’est 9,99 €. Jobs ne se pollue pas les neurones : il n’est pas nécessaire d’établir un barème dégressif cabalistique, c'est un marketing sain. Quoi de mieux que d’attaquer à un prix « raisonnable » plutôt que de chercher à fidéliser le consommateur par un ticket d’entrée forçant l’acheteur à prendre un paquet de 25 consultations qu'il n'utilisera probablement pas. C'est sur la même base désuète que celle des tarifs des abonnements au téléphone mobile (dont AT&T vient de créer un tsunami en ouvrant l'accès à la VoIP cette semaine, idée que vont évidemment reprendre les trois opérateurs historiques hexagonaux... pourvu que Free débarque... un jour...).


Les gens du marketing manquent un peu de pragmatisme, faire simple est pourtant plus aisé (à moins d’avoir à justifier une quelconque valeur ajoutée qui reste à démontrer...).


Proposer gratuitement pour créer une addiction qui sera ensuite... payante.

C’est un calcul « retour sur investissement » trop léger. Ça eût marché (encore que ça reste à démontrer, sur la durée), mais c’est fini. Tout le monde, presse y compris a délibérément essayé sans résultat tangible, essentiellement par méconnaissance du comportement des consommateurs.


La génération Y, les native internet ont toujours tout consommé gratuit, c’est un dogme : depuis la télé, la radio. Comment leur faire comprendre qu’il faut payer les contenus qui circulent sur internet ? C'est aussi une appréhension différente des valeurs : les seniors ont identifié un fichier comme un bien, notion assez absconse chez les ados pour qui le bien est matérialisé par un objet et non pas nécessairement une donnée immatérielle.


Le modèle économique de la TV (avant l’arrivée des cryptées) et de la radio est basé sur la « réclame » et ce n’est pas différent sur internet.


Consultez Google : de la pub.


Consultez le site d’une radio ou d’un site communautaire : de la pub. Donc amalgame : internet, c’est comme la radio, gratuit. Comment dès lors inculquer cette notion que la musique téléchargée est du « vol » ? Est-ce pour autant du piratage ? Ceci fera l’objet d’un autre post développé ultérieurement ici et dont Thierry Crouzet, à lire ici comme bon nombre ont à dire. Ce sont les propulseurs, les propellers qui s’inscrivent dans une logique du don...


On pourra lire également la dernière livraison de Books ici à propos des mirages de la gratuité, article (traduit d'un dossier paru dans le NewYorker du 6 juillet 2009) dont je ne partage pas globalement les positions mais qui apportera un éclairage différent voire contradictoire à ce que j’énonce.


Et on voudrait (la presse aussi) rétablir un modèle économique (celui du siècle/millénaire précédent). Hadopi était justement l’inverse de ce qu’il fallait faire, le répressif n’est pas un modèle d’éducation et internet ne sera jamais contrôlé par personne, c’est inscrit dans son existence.


Le législateur aussi est surtout coupable.

Bien sûr, les élus, ignorants des technologies ont précipité ces comportements, les ont encouragés, en « laissant faire ». Ils n’ont pas vu le coup venir, eux non plus et ils tentent de se rattraper en commettant Hadopi.


Car Hadopi ne réglera en rien le sort des auteurs spoliés (qui des internautes ou des majors spolie le plus les auteurs ???...) tant qu’une solution de financement (qui ne soit pas de une nouvelle sorte de taxe qui n’avoue pas son nom, au service d’une industrie de « fumeurs de cigares invétérés » dans leur majorité ; je modère, connaissant des producteurs intègres qui font bien leur job, en Bretagne, ailleurs, je ne sais pas).


On ne modifie pas les comportements en taxant le citoyen. La technique est surannée est contre-productive. Les députés et sénateurs ont choisi la pire des solutions essentiellement parce qu’ils sont totalement hermétiques et étrangers aux nouvelles technologies.


Fallait pas autoriser les logiciels de peer-to--peer. Ou tout du moins en appréhender la perversité. Au lieu de ça, on a laissé coulé...


Mais il faut dire que ça arrangeait bien les petits copains : on a voulu droguer les jeunes au gratuit et maintenant on veut leur faire payer, quitte à les transformer en délinquant (c’est-à-dire sans doute ouvrir d’autres brèches pour qu’ils se munissent de liquidité afin d’acheter leur dope (la musique). C’est dingue.


Par ailleurs, écoutez les auteurs, ceux qui ne sont pas dans le sérail, les jeunes créateurs. Par exemple Julien Doré dans une interview chez svmpod qu'on ne trouve pas en ligne (un comble pour une revue dédiée à l'iPod/iPhone, otils symptomatiques du .. numérique). Ceux-là ne demandent qu’à bénéficier du P2P : c’est leur outil de promotion, le marketing du 3e millénaire, tel qu’ils le conçoivent. Arrêtons de les castrer. Faut se renseigner, écouter la génération Y. fallait pas les doper au P2P.


Its too late : ils sont tellement drogués à leurs musiques, leurs univers (nous en sommes tous responsables) qu’il se précipitent en masse à chaque concert : dommage, ça ne rapporte pas autant au major qu'aux artistes... :-)). Ne cherchez pas l’erreur, la réponse est là : quoi, je ne touche pas au passage, on va se faire une bonne petite Hadopi pour compenser. La suite, on connaît. Le législateur a fait son boulot... en son âme et conscience (oui, Samir, il y aussi le mot science).


À quand la table ronde avec tous les acteurs pour se désengager du guêpier ? Tiens je vais poser la question à mon député : on ne sait jamais...


Et l’édition ?

Et bien nous reverrons jaillir le même phénomène dans les mois à venir et je suis certain que sur le même schéma nous aurons droit à une déliquescence due au piratage des écrits qui sera sanctionnée avant que dans quelques années, on en revienne au modèle de Steve Jobs qui entre-temps aura offert à un prix raisonnable (sans doute grâce à la complicité de Google qui n’est pas le diable qu‘on tente de désigner pour assouvir nos erreurs législatives latentes) un accès à la lecture. Un comble pour un visionnaire qui ne voit pas en la lecture l’avenir des générations. Mais sur ce coup-là, Steve aurait-il raison ? J’en doute, sur vélin ou sur tablette, l’Homme aura toujours le besoin profond de lecture. A coup sûr !


Cela aussi fera l’objet d’un autre post à venir.


Bien sûr, l’Histoire se refait... personne ne l'ignore...


(1) Rupert Murdoch, spécialiste des virages à 180° vient de décider de remettre payant l’accès à certains titres de son groupe qui détient de nombreux titres en Australie, 3 en Grande-Bretagne et 3 aux USA dont le Wall Street Journal. Au total 175 journaux.

Propriétaire également du réseau social MySpace et de la chaîne d’actualités FoxNews, c’est un eurosceptique convaincu et combatif, tendance Faucon...

Parmi ses conquètes, on note des journaux économiques de stature comme le Wall Street Journal ou The Times mais aussi des quotidiens « people » dans leur majorité.


lundi 28 septembre 2009

Grenoble iPhone user, le test

samedi 26 septembre 2009

Ah ben ça calme...




Bon , no panic, y a le net sur Grenoble & C° mais bon, là, vu l'info, je récupère mon crédit... (sympa, comme les mobiles, ça se cumule, chouette)...

Donc, depuis le temps qu'on vous le dit, ça vient de sortir... le sondage Chart of the day du jour (sic).

On y découvre (est-ce une grande surprise ???) que pas loin de 3/4 des lecteurs de news-on-line sont prêts à zapper leur journal préféré en cas de paiement. Bien voui... En même temps, 5% qui sont prêts à payer, c'est royal ? Avec ça, les stocks options vont valser...

Pas sûr que Libé, Le Monde, Le Figaro et autres hebdos retiennent la leçon. Laissons donc faire (qui va se soucier des préoccupations des lecteurs de 2009 ; vous rigolez, le marketing de la demande, c'est un truc de naze...)

Enfin, quand ils l'appliqueront (la visite payante) et que ça sera un gros bide, ils pourront toujours faire des papier (gratuits) pour s'offusquer et demander au gouvernement français qui saura les écouter (si si y a un précédent, voire 2, les jumaux Hadopi) pour re re re taxer les citoyens ; à part ça, elle sait quoi faire la sarkozie ???

Tiens, à propos de stock options, y zont rien fait à Pittsburgh, les 20 ? Y avait pas un chef de file qui avait prévu la "refonte du capitalisme" en avril de cette année ??? Ben si, le président de la République de France !

Les sondages ne vont pas bouger pour autant, comme d'hab !


Bon & Saccavo sont dans un bateau




visuel : http://dicouu.blogspot.com/2007/05/fluctuat-nec-mergitur.html

Explication sur une pause prolongée
à destination des quelques follovers qui m'interpellent sur mon silence radio depuis le 15 septembre (dix jours = une éternité, c'est bien connu :-), n'est-ce pas, Yannick...) - Attention ce post est bourré de liens, à consulter de préférence pour en tirer meilleur profit...

De ma longue quête, puis de mon acharnement à vouloir à tout prix -;) interpeller les éditeurs/législateurs à remettre à plat les droits d'auteurs, je me pose l'instant de quelques lectures.

J'étais en "stand-by" dans cette tourmente provoquée par Google, la BNF, la pause d'Isabelle (zazieweb) Aveline, Hadopi2, les droits d'auteur, je devais me poser/re-poser. Et puis ce nouveau challenge professionnel : développer un nouveau centre de profit au sein de l'entreprise qui pourvoit à mon quotidien... Passé numér'île, (et aussi sur OF), le conseil municipal d'hier, je reprends contact...
De ces lectures, issues du net (évidemment), je refeuillette les blogs qui nourrissent ma réflexion et notamment ceux (bien sûr) de François Bon et de Lorenzo Soccavo, entre autres.

Leurs analyses convergent vers ce dont —j'imagine— l'édition numérique pourrait être (si tant est que l'on puisse aujourd'hui savoir/dire ce qu'elle sera). Nous nous interrogeons tous —aiguillonnés/agressés par les "traditionalistes" (entendez par là les ayatollahs du bon vieux vélin et de la plume Gilbert & Blanzy-Poure)— sur l'avenir du livre.

Mais s'agit-il du livre, de la lecture, des signes, de l'imprimerie, des flux, in fine ? (lire/relire "la sacralisation du livre" de Lorenzo, voir lien ci-après) ? Réservoirs de contenus, c'est ça et le temps aussi... Lorenzo a entrepris un cycle sur la Prospective du Livre et de l'Edition ; il en a dépassé la mi-parcours ; à explorer/suivre, donc.

Je retourne/reviens vers mes "fondamentaux".
L'initiateur du versant numérique de l'édition (sans doute rapidement une "montagne"...) :-) est incontestablement Bruno Rives, l'évangélisateur du papier et de l'encre électroniques qui porte haut et fort la technologie. Depuis 2004 (et bien plus avant avec son expertise, dans la galaxie Steve Jobs), inlassablement, il oeuvre dans les laboratoires de la planète pour l'émergence de l'outil... sans oublier qu'il est aussi l'auteur (le contenant + le contenu donc) d'une pièce-clé du puzzle dans ce domaine avec son Aldo Manuzzio, à consulter ici.

Je relis donc François Bon qui vient de "s'exiler" pour une année au Canada.

Pourquoi le Canada ? Rappelons que François, auteur prolixe, qui vient de sortir "L'incendie du Hilton" chez Albin Michel est lui-même le géniteur de publie.net, laboratoire/coopérative. Novateur s'il est en, François aborde l'édition sous un angle nouveau et risqué. Son séjour au Québec, c'est lui qui nous l'indique, est la création d'une structure dédiée à l'édition, hors de ses terres de France et de Bretagne, pour explorer l'édition à la sauce troisième millénaire. Quoi, la France est en "désuétude" avec l'édition ? Alors, je prends armes et bagages et direction une terre nouvelle (la Nouvelle France...), berceau d'une législation plus soft pour expérimenter un nouveau business modèle !

François a raison (Droits d'auteur et édition numérique ici, ainsi que Internet & rémunération des droits des auteurs là) : le SNE, Livres Hebdo, c'est du vingtième siècle et nous voilà au troisième millénaire. Non, Gutenberg n'est plus le maître des lieux, non Hadopi n'est pas une solution (c'est moi qui l'énonce) : que faisons-nous pour les auteurs ? Toujours sous la coupe des éditeurs et leurs 14% de rémunération sur le prix HT du livre ? Et si l'auteur devenait son propre éditeur ? C'est un peu le sens de publie.net, mais François sans doute me corrigera si je dis des énormités. Personne ne parle de bouter l'éditeur hors de la sphère du livre, mais à vouloir continuer à se reposer sur un épais matelas confortable qu'à érigé en doctrine la Société des gens de lettre, personne ne s'offusquera de la démarche ; plus que courageuse, elle est porteuse d'un colossal espoir de progresser. Il faut d'éternels défricheurs ; ainsi est François Bon.

Charles Kermarrec de Dialogues à Brest l'a bien compris dans son récent dépôt de brevet (=je vends le papier + le numérique) ouvre une brèche (à lire dans OF du 3 septembre, ici) ; d'autres suivront. Le navire ne coulera pas...

Et puis, cerise sur le gâteau (merci, François de nous le rappeler, mais nous ne l'avions pas oublié...), Fabrice Epelboin oeuvre également dans ce magma bouillonnant avec l'incontournable ReadWriteWeb, version fr (le site fondateur est US), très inspiré nous interpelle sur l'évolution et les révolutions induites en termes de comportements, de nouveaux usages,, de prospective sur l'internet dans son ensemble. Actuellement en ligne... ça tombe bien : Remix culture et droits d'auteur avec des formules à l'arrache : La culture, un lien ou un bien ? ou encore : Le droit d’auteur, protection des bouteilles ou du vin ?

Provocateur, Fabrice? Au-delà, visionnaire, sulfureux souvent, délicieux toujours... Défricheur et veilleur comme bon nombre d'entre-nous, à parcourir la toile à tout instant il nous indique notamment la récente interview de Joi Ito, le chief executive de Creative Commons, pour mieux s'immerger dans les droits d'auteur, ici, sur le Guardian ou mieux là, son interview.


Notre regard sur le livre ne se limite pas, nous le rappelle Lorenzo à la sacralisation du livre à un objet magico-religieux... loin s'en faut, le numérique est bien présent et ne compte en rester là... Ou encore son post au-delà du significatif : Les éditeurs sont des pragmatiques...

Google, il est vrai pousse à la roue avec Google Books Research (j'ai téléchargé cette semaine la version google de Madame Bovary dans sa version originale, ici... et c'est efficace : 467 pages en 2,2 Mo, version pdf, version ePub disponible), les opérateurs s'en donnent à coeur joie, Apple propose son très novateur AppStore avec pléthore de livres à lire sur iPhone (avant de critiquer et de "défoncer" la lecture sur iPhone, essayez-donc, on en reparlera après ; car c'est bien souvent le cas : des cris d'orfraie du type : Jamais je ne lirai sur iPhone. Et bien essayez, sans doute vous l'adopterez... On en reparle, monsieur Zyg (www.livres-alive.com). Tout a commencé ici par un édito de furie que j'avais écrit le 5 avril... Puis ont suivi les éditos 7 et 8 et toute une série de posts enflammés pour expliciter...160 et quelques posts plus tard, difficile de progresser avec les "tradis"... que d'énergie(s) à renouveler...

Les autres incontournables, fondamentaux aussi
Nous n'oublierons pas également celles/ceux (et aussi les oublié(e)s de ce post) qui font l'écriture numérique d'aujourd'hui : Aldus 2006 - Hervé Bienvault, eBouquin - Clément, La Feuille - Hubert Guillaut , Numerikbook, Jean-François Gayard, Archicampus - Virginie Clayssen, Jean-Michel Billaut qui a traversé une épreuve incroyable liée, comble de l'ironie au manque de tuyaux, combat qu'il mène depuis bien longtemps... Pardon pour les autres, je corrigerai... Un clin d'oeil vers ArchiBald au passage et à Xtelle89 ; je ne cite pas zazieweb, c'est un peu tard ou sans doute trop tôt... D'autres défricheurs, ancrés eux aussi dans le livre sont présents : Jean-Christophe Courte et son Brompton chez urbanbike, le designer ; Peter Gabor, le maître typographe.
[MàJ 11:26 - je savais que j'en oublierais : bien sûr Transnets, Francis Pisani, exilé aux states, le pôvre..., le chantre de la mobiquité, celui qui nous appris ce qu'un bon webacteur devait être...]

Les auteurs innovants
Bien sûr, déjà cités : François Bon, Bruno Rives et puis Gwenn Catala (Marath'O'Tweet) le breizh-catalan thaïlandais de Paris/ChangRai ou encore Thierry Crouzet (Twiller), provoc anarchiste (c'est ainsi qu'il se présente), mais je soupçonne le gaillard de faire de son anarchisme un tag marketing... twittent et initient des vecteurs de propagation de la littérature innovants. La Nouvelle-Calédonie suit avec Samir Bouhadjiad, la toile s'enflamme d'expériences au service de l'écriture.

Et pendant ce temps-là...
Henry Le Bal, dramaturge, poète, écrivain, philosophe, théologien, à l'ombre de sa Galerie de Bretagne pianote sur son mobile des sms à ne plus en pouvoir. :-)) en pensant aux Montparnos (1910), tout en maugréant sur la vacuité, sur la non-pensée qu'induit l'écriture numérique. Et bien voilà un atelier passionnant pour numér'île 2 que nous allons initier fin août 2010 dans le magique Salon international du livre insulaire de Ouessant. La littérature est une île qu'ils disaient... Qui de tous ceux cités dans ce papier voudra/ont affronter Henry-le-terrible. J'ai ma petite idée, mais laissons du temps au temps.

La semaine prochaine
Elle sera pour moi —en expédition pour installer mes deux filles Oriane et Cécile qui ont poussé la délicatesse jusqu'à continuer leurs études supérieures à Montpellier et à Grenoble... — une étape décisive.

Je passerai chez Glénat qui vient de se nicher dans un ancien couvent rénové high-tech, continuerai sur Lyon voir une personne qui a un projet, comment dirais-je ? (novateur est un peu faible en l'occurrence) en panne d'inspiration, j'utiliserai une métaphore : quand le phoenix renaît de ses cendres ; certains comprendront... Enfin je pousserai vers un anar en Tarn et Garonne, pour qui Ouessant demeure une tentation. Bien évidemment, j'en ferai écho ici ou là.

Allez comprendre quelque chose... Nous vivons une époque formidable ! Je me souviens, à l’ère des flux radiophoniques, Yolaine de la Bigne s’exclamait sur France-Inter : Quelle époque épique ! Normal c’est une Bretonne, elle aussi...

J'allais oublier : longue vie à Louis-Abel et à son grand frère Paul-Elie, N K-M comprendra.

Je vous laisse, pour les parisiens (veinards) c'est l'heure du Bookcamp 2. Quelqu'un fera une synthèse pour les provinciaux/éxilés ?

mardi 15 septembre 2009

285 députés fossoyeurs des droits d'auteur


"Les députés républicains, au premier rang desquels Victor Hugo et Victor Schoelcher, tentent mais en vain de mobiliser le peuple, les classes populaires, qui ont perdu le droit de vote par l'obligation de résidence, ne voient pas d'intérêt à risquer leurs vies pour défendre ce régime.... La plupart des députés opposés au coup d'Etat sont prestement arrêtés et bannis" - http://perso.wanadoo.fr/herodote/histoire12022.htm

Ils ont osé !


Naguère ils ont joué avec la loi sur les sectes où, dixit les médias ces jours derniers : "personne n'a vérifié que l'on pouvait pas dissoudre une secte pour détournement de fonds..." Personne, pas même les juristes qui ont vérifié la loi...

[MàJ mercredi 16-09 - 0 H 30 - Je cite Libération, à lire ici : "Les députés qui crient au scandale en septembre sont ceux qui ont voté la loi en mai. S'ils sont sincères dans leur révolte, ils avouent du même coup qu'ils votent des lois sans en connaître le contenu". C'est grandiose : serait-il possible que nos parlementaires aient pu voté Hadopi2 dans ces conditions ?]


Cela n'inquiète personne ni même les médias qui, nous annonce-t-on, sont à l'agonie. Il est où le journalisme empreint de probité ?


A part Jean Boissonnat, lucide (si si il y en a quelques autres) ces derniers jours dans Ouest-France, ils sont en voix d'extinction. Quoi de plus logique ?.


Comble du cynisme, ils seront peut-être en sursis grâce à Google, lire ici Google Fastflip sur le New York Times (trois p'tits tours et pis s'en vont).


Pas étonnant que les députés jouent aux petits soldat, impunément.


Rappelons pourquoi —entre autre— HADOPI 2 est à contre-courant de ce que les députés n'ont pas tricoté par le passé, pour arranger leurs « petits copains" :


1 - ils (les 285 députés) ont laissé filer, voire organisé par « négligence » (mon oeil) le piratage sur internet en ne légiférant pas lorsque la "Digital Native Generation", lire à ce propos ce papier ici a fleuri sur internet ;


2 - ils (les 285 députés) n'ont pas su, par la suite, juguler le flot dévastateur, faute de n'avoir pas vu le coup venir, par manque de lucidité, de clairvoyance ;


3 - ils pensent, (les 285 députés), parce qu'ils sont députés, que la répression est la mamelle nourricière qui va irriguer les budget de l'Etat en créant de toutes pièces une chasse aux sorcières honteuse.


4 - ils ont (les 285 députés), bien évidemment sacrifié les auteurs sur l'autel de la cupidité, car c'est bien plus confortable de répartir quelques gros chèques à des potes que de répartir à l'ensemble des auteurs qui sont les neurones de nos civilisations.


De surcroît, ils ont la certitude que les électeurs auront oublié. Et là, croyez-moi, ils ont raison, tout le monde, comme d’hab oubliera, passera l’éponge. J’parie qu’aux prochaines élections (en mars), le bon peuple aura pardonné ; ils ont donc raison,les immunisés, absous d’avance par les électeurs...


C'est atterrant, révélateur de l'état d'abrutissement dans lequel les parlementaires à la botte du pouvoir, sont à même de commettre. Ahurissant.


225 autres ont sauvé l’honneur. On s’en accommode. L'ont-ils fait dans l'idée d'abonder les bas de laine des auteurs ?


Aveuglés, atomisés, par leur idéologie méprisante de l'Homme, ils (les 285 députés) sabotent la création, la Culture. Ils sont passés en mode irresponsable : révoltant. Adorateurs du dieu fric, ils exultent...


On peut être contre le piratage et désirer un comportement responsable. On peut...


Monsieur Mitterrand, qu'avez-vous fait de notre culture, qu'allez-vous faire de nos auteurs ? Honte aux grands immolateurs...


Dis, tonton, pourquoi tu tousses ? (© Fernand Reynaud) ... Y a sans doute une raison ?

samedi 12 septembre 2009

Agenda XXI Quimper communauté : réunion publique

illustration : http://www.astrosurf.com/thizy/stveran2005/IMG_7624%20Panneaux%20solaires.JPG

La communauté de communes de Quimper qui regroupe 7 municipalités limitrophes a organisé hier une séance de sensibilisation à la création d'un agenda 21 (programmes d'actions liées au développement durable) suivie de questions/réponses à destination du public. En dehors des associations, les citoyens pouvaient s'exprimer. Trois questions en une interventions m'ont permis de soulever trois points :
1 - quel(s) dispositif(s) incitatif(s) à la formation des professions liées au développement durable et solidaire ont-ils été envisagés sur le territoire de la communauté de communes ?
2 - quelle stratégie/incitation/subvention Quimper Co envisage-t-elle de déployer pour accompagner l'installation, chez les particuliers, de panneaux photovoltaïques ;
3 - Quimper Co ne pourrait-elle pas initier des projets liés à la production d'énergies renouvelables issues du domaine maritime, le territoire étant éligible à subvention de l'Europe.

Réponse 1 - par M. le Président de Quimper communauté, Bernard Poignant : La formation ne relève pas de la compétence de Quimper Co mais des organismes professionnels consulaires (CCI citée) ; pour autant, la collectivité est attentive à cette démarche. J'aurais souhaité que les pôles de formation soient regroupés en un même lieu.

Réponse 2 - Bernard Poignant également : La réponse ne saurait être donnée ce soir, mais j'en prend bonne note. Souhaitons qu'elle fasse l'objet d'un point qui sera rajouté aux 27 propositions en cours d'élaboration. 

Réponse 3 - par Denez L'Hostis, vice-président, chargé du développement durable et des énergies : Quimper n'offre pas de ressources humaines, notamment d'ingénieurs nécessaires au développement d'activités relatives à l'exploitation des ressources naturelles.  Et de rappeler que bien que n'étant pas dans la zone maritime, Quimper Communauté relève du domaine maritime (Odet). C'est bien évidemment vers Brest que le vice-président porte ses regards... Ici, rien n'a été fait, nous partons de zéro. Manière de dire que rien... ne sera fait...

Sur ce point, s'il s'avère exact, j'oppose ici mon point de vue :
1 - si on ne commence jamais, jamais nous n'aurons la possibilité de le faire...
2 - pourquoi toujours porter nos regards vers le nord ?
3 - élargie à la Cornouaille, notre communauté a de sérieux atouts à développer. Encore faut-il le vouloir pour ensuite s'en donner les moyens.

Nous serons vigilants sur la suite donnée à la réponse 2 et aux 27 propositions (dont 6 ont illustré cette réunion réunissant environ  200 personnes) qui doivent fleurir sur le site de Quimper communauté. 

D'autre points ont été évoqués dont notamment : les éco-quartiers, l'eau potable, l'éclairage public, la prise en compte du bilinguiste, la propreté des rues, ... 

Par ailleurs, 50 ambassadeurs  ont été désignés parmi les agents de la communauté de communes. Nous en attendons les effets... collatéraux.

jeudi 10 septembre 2009

Agenda du ministère de la Culture


14h30 - Séminaire gouvernemental "Numérique : investir aujourd'hui pour la croissance de demain", présidence de la table ronde "Patrimoine et industries culturelles : valoriser les contenus et les rendre accessibles au plus grand nombre grâce au numérique", à la Maison de la Chimie.

Si vous vous sentez concerné par les droits d'auteur, si vous souhaitez défendre cette cause, l'information ci-dessus peut vous intéresser...

LCD vs vélin... et le foot dans tout ça?



Moment de détente au petit matin, break dans l'actu tumultueuse.

Henry, j'ai twitté le keynote de Steve Jobs hier soir ! Oui, je sais, rien ne t'aura été épargné. Aux fins d'éviter des souffrances insoutenables à tes neurones, je ne te dresse pas la liste des upgrades, nouveautés annoncées ; c'est bien évidemment indécodable.

Et pourtant si tu savais quelle joie j'ai éprouvée, en pensant à toi aussi cette heure et demie durant, car déjà faire trois choses en même temps, relève du prodige : 

1 - décoder sur Mac le fil de l'actu en Anglais  sur Engadget, vérifier sur Mac4ever la traduction ;

2 - tout en rédigeant chaque tweet sur pc, ne pas oublier à chaque nouveau tweet de bien coller le hastag #AppleKeynote (essentiel, tu le sais bien...) ;

3 - veiller à ne pas écorner l'orthographe, se dépêcher car les news affluent.

Car n'en doute pas, Henry, il faut avoir twitté un keynote au moins une fois dans sa vie pour atteindre la plénitude. Décidément, rien ne t'aura été épargné... je l'disais... d'autant que pendant ce temps, Bruno, depuis l'IFA de Berlin, postait sur le PRS300 de Sony, c'est dire.

Et, en relatant plus tard cet exploit à tes petits-enfants, sans doute seras-tu fier  (?)de leur dire : "J'ai bien connu un Cosinus, déjanté qui  a twitté le Keynote de Steve Jobs le 9/9/09 ; nous avons aussi ecrit ensemble en lettres d'orange en février 07 : [censuré]... c'est d'la balle".

Je suis sûr qu'ils comprendront, eux. 

Oser comparer une écriture en octets, alors que ta plume Baignol & Fargeon gratte rageusement le vélin relève du sacrilège, je te le concède.

Et justement, à propos de Baignol & Fargeon, de Louis XVI, va voir ce post (enfin, demande à qui-tu-sais de cliquer sur l'url (limpide ?) de Jean-Frédéric Bourquin, ici  ; on y parle aussi de La Coupole, étonnant, non ? 

Enfin, sais-tu, Henry, comble de l'enfermement dans lequel je suis cloîtré, qu'à cette heure, je ne sais pas qui de la Serbie ou de la France a remporté le match hier soir : mais où va-t-on ?

L'autre exploit de ce billet : trouver sur le net (= internet, Henry) une illustration d'une boîte de 144 plumes HENRY ... vas-y... avec tous mes encouragements...

mardi 8 septembre 2009

Hyperlivre, ce n'est pas... GoogleBook presque clôt


"Alors, j'vais vous dire, moi, j'sais m'en servir, c'est vous dire..."
Ainsi Nicole Lattes, directrice générale de Robert Laffont annonce l'arrivée de l'hyperlivre.

Alors, ce n'est pas... ce n'est pas..., ce n'est pas... c'est la quatrième dimension (diantre, ils on fini par la commercialiser, trop fort FT) mais kézaco donc ? sur 1'51" vidéo ici.
à grand renfort de 1492 de Vangelis et de Riders on the Storm des Doors : trop trop fort -:))

Réponse demain matin 9 h 30 - Jacques Attali lance "le sens des choses" en compagnie de Didier Lombard, P.-D. G de France Télécom.

9 h 30  le 9/9/09. Décidément le marketing est obnubilé par les symboles... 
L'an dernier, nous avons eu l'ouverture des J.O à Pékin le 8 août.
L'an prochain, tout se déroulera le 10 octobre.
Pour 2013, faudra inventer le 13e mois, si prisé par les salariés...

RAPPEL, à 19 h (heure de Paris) ce même 9 septembre, depuis San Francisco, Apple (Steve Jobs himself ?) annoncera ses dernières innovations en matière d'iPod. Comme à l'habitude, le net a bruisssé abondamment ces derniers jours...

Il est question pour l'essentiel de l'arrivée d'un capteur photo/vidéo sur la gamme iPod et de Coktail, qui préfigure un rebond (les ventes d'iPods, fortement phagocytées par... l'iPhone sont en chute libre) dans l'univers musical et qui consiste à apporter du multimédia (clips, bonus, goodies,...) lors de l'achat de musique on-line (sur l'iTunes). Ça se vivra en live sur Mac4ever, Macgénération, MacPlus, Welovemac, Engadget et d'autres. 

Les Applemaniaques seront aux abonnés absents pour une heure trente (je serai donc injoignable mais reprendrai une vie normale vers 20 h....)

Bien évidemment, d'autres entreprises feront des annonces marketing, j'ai oublié leurs noms -:)) - Peut-être Microsoft avec un téléphone : Thunes ZD ou quelque chose comme ça ?) [on me dit dans le casque que c'est le 15 septembre et qu'il s"agit de Zune HD ; ah, désolé, j'ai eu un trou]. -;(

ULTIME RAPPEL : à 10 h (Est des US), ce jour, Google va clore les inscriptions (concernant les copyrights ou les droits d'auteurs) à son Google Book Settlement. Le grand méchant loup a dit... Le retrait des dossiers c'était le 4 septembre. Pour le reste : 
"Le 2 septembre 2009, en raison d'un problème de fonctionnement du système de classement électronique du Tribunal, la date limite pour le dépôt des dossiers d'amicus curiae et des demandes de récusation, initialement fixée au 4 septembre 2009, a été reportée par le Tribunal au 8 septembre 2009 à 10:00 (Heure de l'Est des États-Unis). Reportez-vous à l'ordonnance du Tribunal [il s'agit du .pdf de l'enregistrement auprès de la cour de Justice du districct de New York, les plaignants étant The Author Guild et al.]) . La date limite de retrait prorogée du Règlement reste fixée au 4 septembre 2009. L'audience impartiale finale a été prévue pour le 7 octobre 2009." 


Ah ben oui, le sens des choses (point com) ... 

dimanche 6 septembre 2009

Naissance de la SARD : ça avance


Septembre est décidément propice à l'actualité du livre ; logique, c’est la traditionnelle rentrée littéraire. Sur fond de procès, protestations, empoignades, le numérique frappe à nos portes. Amazon proteste contre le Réglement (Google Books Settlement) proposé par Google (ben oui, va y avoir perte de position dominante, et puis Microsoft chancelant, boulimique, en phase anorexique, cherche de nouvelles ressources... Apple va probablement entrer en lice comme elle l’a si brillamment fait avec l’iPod puis l’iPhone ; alors quand l’iTruc dédié au livre va surgir, d’autres « désagréments » vont naître, au détriment notamment des auteurs qui, légitimement se se font un sang d’encre. Avec eux les libraires. Nous en avons avons enregistré les inquiétudes à l’occasion des conférences numér’île de Ouessant fin août.


Musique, cinéma, littérature, même combat ?

Si la musique (contrairement à ce l’on tente de nous faire croire par l’entremise de la psychose générée via Hadopi, prétexte liberticide grossier pour abonder les bas de laines des majors —on remarquera au passage que l’artiste est absent du dispositif—) résiste plutôt bien*, il en va autrement pour l’Ecrit (la notion de livre me semble dépassée) dont les auteurs, seuls géniteurs de cette industrie, apportent la valeur ajoutée  : la « substantifique moelle ».

Des offres existent pour la musique et le cinéma, en achat via ’iTunes ou de nombreuses plate-formes de location (rien n’a tué quoi que ce soit). Une fois de plus, contrairement aux affirmations, ces deux pans de notre culture prospèrent. Globalement, pour faire court, il se vend plus d’oeuvre à moins d’exemplaire d’où la « sensation » que le marché s’érode. Bien au contraire et c’est en termes de consommateurs que l’inflation se gagne. Un peu moins d’exemplaires mais plus d’oeuvres à l’arrivée.


Suite à l'appel lancé, sur ce blog, le 3 septembre, aux fins de saisir les plus hautes instances sur la problématique de la rémunération des auteurs, une initiative vient d'être lancée : la création de la SARD. Nous en parlons en détail ci-après. Néanmoins, le cas de l’Ecrit reste à bien des égards une bombe à retardement tant, en France, les syndicats et le gouvernement brillent par leurs positions pour le moins timorées. Le France s’éloigne petit à petit du Siècle des Lumières, faute de combativité et de d’imagination. Pas grand monde pour prendre fait et cause pour les auteurs.


* Enquête en mars 2009, commanditée par le ministère de l’Education, de la Culture et des Sciences, des Affaires économiques et de la Justice au Pays-Bas et relayée par Fabrice Epelboin sur ReadWriteWeb, ici.


La position du Syndicat National de l'Edition

Le SNE, j'ai relu ses textes, voir ici n'intègre pas (du bout des lèvres pour le moins) l'auteur dans ses réflexions (les raisons demeurent obscures), par omission, peut-être (c’est un constat). Le soucis du SNE est avant tout de préserver les acquis des éditeurs (légitime). Bis repetita, sans auteur, point d'éditeur, point de libraire : CQFD.

Au passage, remarquons le tissus de perles du paragraphe : « quelques idées reçues » une MàJ s’impose... de bonnes intentions, hasardeuses, aussi... quant au concret...


Il faut revoir la convention de Berne, reconsidérer la répartition qui revient aux créateurs/auteurs (à distinguer des ayant-droits). La manne récoltée par l'industrie du Livre soit rétribuer plus équitablement l'auteur. L'arrivée du numérique est une occasion inespérée de s'y atteler et d’apporter des réponses percutantes.


OK avec le SNE : les éditeurs, le livre et la TVA

Personne n’envisage de supprimer l'éditeur, quand bien même le numérique frappe à nos portes. Je suis en phase avec le SNE : 

1- l'éditeur demeure —plus que jamais— un acteur incontournable, ad vitam 

2 - le livre est le contenu, pas l'"emballage" (papier ou/et les octets)

3 - le taux de TVA doit passer à 5,5%, c'est ce delta de a 14%) qui plombe le prix des oeuvres numériques ; 

Trois points auxquels je souscris. Le SNE en ce sens a raison.


Papier numérique : prix identique difficilement justifiable

Curieusement, le SNE  milite pour un prix identique (numérique vs papier) et les arguments déployés ne tiennent pas la route parce qu’indubitablement les frais d'impression et de façonnage, plus ceux du circuit de diffusion sont largement supérieurs aux frais inhérents aux prestations de numérisation ; la calculette a ripé de pas loin d'une virgule. Donc non seulement le coût de production d'un ouvrage numérique est moindre mais, de surcroît la rémunération peut s'avérer plus profitable à l'auteur... pour un prix de vente... moindre. Cette prise de position m'apparaît pour le moins hasardeuse, soyons certains qu'Amazon et autres ne l'entendent pas de cette oreille pour promouvoir son business model et là, le SNE ne pèsera pas lourd...


L'impact en termes de protection de l'environnement

L'impact environnemental pour lequel le SNE semble à côté de la plaque en nous expliquant que le livre électronique génère 250 fois plus de nuisance qu'un livre papier. Le propos est imprécis : parle-t-on de l’énergie nécessaire pour fabriquer un terminal de lecture contre un livre? a-t-on pris en compte l’énergie grise (celle consommée au total pendant le cycle de vie du produit de sa conception au recyclage) ? C’est sur le nombre de livres lus que la différence se creuse... en faveur du livre électronique ! Là, on peut en parler avec des spécialistes neutres (c-à-d. non issus du lobby des papetiers...) ; disons avec l'ADEME, au hasard... Le SNE n’étaye pas ses propos. [on est en phase, Charly ?]. Pas d'accord avec le SNE, assertions à confirmer.


la SARD, trublion ou solution miracle ? 

SARD (Société d'Acceptation et de Répartition des Dons) à découvrir ici. 

Si l'initiative semble louable, sans procès d'intention a priori, cette initiative est troublante. Elle apparaît précipitée dans son calendrier en regard de l'actualité chargée. Ne vaudrait-il pas mieux attendre la conférence du Ministre de la Culture ? Suivie une semaine plus tard du votre de l'Hadopi à l'Assemblée nationale ?

Hadopi aura sans aucun doute des répercutions sur le Livre. N'est-il pas souhaitable d'en attendre les tenants et aboutissants pour en afûter la pertinence ?

De plus dans son acte de naissance, la SARD s'adresse en priorité aux auteurs créant dans l'univers numérique. Pourquoi distinguer/opposer les deux process ? Je devine dans la création de la SARD un levier d'influence pour infléchir sans doute le ministère ??? Bon vent à cette courageuse entreprise !


Trois idées pour en arriver où ?

Alors que la licence globale, jusqu'alors défendue est controversée par de nombreux détracteurs ; alors que l'offre légale présentée le 3 septembre par Frédéric Mitterrand est en gestation, apparaît une troisième voie défendue par la SARD : le mécénat global. Laquelle des trois est meilleure ? Est-ce un savant dosage entre-elles  ou une autre, d'autres alternatives ? 


In fine, des pistes pour agir

Toutes ces interrogations nécessitent une table ronde préalable avec tous les acteurs et au moins trois Ministères : Culture, Economie numérique et Economie et Finances (pour la TVA).

Compliqué et complexe, mais la nécessaire réussite du challenge en justifie la mise en musique rapide.  Ceci ne se fera pas dans l'instant mais doit néanmoins se faire, pour en fnir avec des décennies, des siècles (!) de mépris des auteurs.


Faute de quoi, la situation, déjà insoutenable, avec  l'arrivée imminente de Google, Amazon, Sony, Microsoft, Yahoo! et Apple dans le paysage de l'édition provoquera tôt ou tard une carence d’oeuvres, les auteurs, exsangues pour la plupart, ne pourront continuer de créer. 


C’est notre mémoire, nos cultures qui sont concernées... Puisse cette modeste contribution apporter une réponse efficace à l‘impérieuse nécessité de prendre, enfin,  fait et cause pour nos auteurs !


NB - En savoir plus

Le point de départ de ce billet était l’annonce de la création de la SARD, annonce que j’ai amendée avec quelques lectures récentes issues du web. Pour autant de larges plages d’ombres nécessiteraient une billet beaucoup plus long. J’ai pris le parti de les occulter aux fins de  rédiger un article pas trop indigeste. Vos avis et éclairages sont évidemment autant d’éléments à porter au crédit de cette démarche destinée à apporter une réponse aux droits d’auteurs.

Enfin, pour répondre à Jean-Christophe Courte, j’apporterai la réponse que m’a faite Hervé Benvault en m’indiquant le lien d’Affordance, ici, qui a dressé un panorama « cossu » sur la question. Bonne lecture, tout (?) y est. A compléter par la lecture de « Le livre est mort, vive le livre » chez In Libro Veritas, ici. 


NNB - La critique est aisée...

A l’heure de conclure de billet, je découvre un article sur lemonde.fr : « Rallumons les téléphones mobiles dans les classes ! » ici 

Décidément, rien ne tourne plus rond... telle a été ma première réaction en lisant le titre, sauf que, à la lecture jusqu’au bout, j’y trouve des arguments choc qui font la différence. La signature de l’article rédigé par Hubert Guillaut (La Feuille que je vous incite fortement à fréquenter). Quelques bonnes véritées transparaissent du type : “Il semble quelque peu ironique que les écoles essaient de trouver des fonds supplémentaires pour augmenter l’accès des étudiants et des enseignants aux TIC, alors que l’outil que beaucoup d’étudiants ont déjà dans leurs poches est négligé et que son utilisation a été énergiquement niée par des politiques scolaires restrictives.”

Quand nos moralisateurs cesseront-ils de nous intoxiquer avec leurs puérils : «  t’es content de ton joujou... »? En lieu et place de s’interroger de la pertinence des terminaux et de leurs usages induits. A jouer au mariole, à réfuter toute avancée technologie, ce sont ceux-là même qui se déplacent en supersonique, en voiture, regardent la télévision plus de trois heures en moyenne par jour, consomment du fast-food, j’en passe et des meilleures... Difficile de concevoir, dans nos sociétés, la non-pensée unique.

Les blogueurs/webacteurs font plus pour la propagation des idées de fond que certains journalistes people-isés... A propos d’Hubert, je signale le BookCamp 4 qui se déroulera le 26 septembre, tout est là  où seront abordés entre-autres : “les applications iPhone pour le livre”, un atelier sur “la BD de demain”, un atelier sur “être auteur à l’heure du web 2.0, un “atelier sur les passerelles tangibles pour les supports numériques”, ...


Last but certainly the least... 

La rue de Valois porte dans ses gènes le virus de la scoumoune qu’il n’hésite pas à transmettre à ses locataires. Anéfé (-:), après l’irrésistible pare-feu d’Office de notre pas regrettée ex-ministre, le nouveau locataire vient de se voir attribué le titre de troll extrême par degroupnews.com pour son "grandiose"  « internet libre »... à lire ici.

vendredi 4 septembre 2009

Bretagne, tu nous feras

Ouessant - BRETAGNE - photo jlb

Bretagne, tu nous as fait, Bretagne tu feras nos enfants !
L'ére est résolument au numérique ; chaque jour apporte son lot d'information relative à l'avenir de cette filière décidément très convoitée par les médias. L'enjeu est de taille, il s'agit de façonner demain. Le Bretagne n'est pas en reste, la Bretagne innove, la Bretagne est à l'aune de cette longue marche.

Détracteurs ou propulseurs (notion dont Thierry Crouzet est un ardent défenseur), nous, en Bretagne, savons séduire et proposer. Ceci ne trompe personne.
Hier un virage stratégique, venant de la librairie Dialogue comblait d'espoir l'avenir de la filière du Livre suspendue pour un mois encore à l'hégémonie émergente de Google (on sera attentif de savoir comment la France compte contrer les assauts gloutons : mais que vont donc faire les ministres concernés pour en apaiser les dégâts que cela causera dans notre culture ?)
Aujourd'hui, pour faire suite à l'initiative privée novatrice de Charles Kermarrec, notre quotidien (papier et numérique) remet le couvert sous l'angle éducation avec la naissance annoncée de l'université bretonne câblée, celle de tout demain.
Noeud névralgique situé à Lorient, mais symbole de toute une Région qui va vibrer sous les ondes du WiFi et autres (considérés par certains) "gadgets", il va sans dire que les grandes manoeuvres sont engagées.
Pour ma part je salue cette initiative et compte, avec notre groupe, en être un webacteur des plus actifs. Nos forces de propositions sont et seront autant d'aiguillons avec lesquels il faudra compter.
Bretagne, tu nous a fait ainsi, pugnaces.

Plus vite, s'il vous plaît... may day

illustration ; Jarred computation - Flick'r

Vite, monsieur Mitterrand, il faut se dépêcher...

Qu'avons nous fait ces mois durant ? "Il" nous avait pourtant avertit... nous connaissions la deadline et, inexorablement, nous nous rapprochons du 7 octobre 2009.

"Il", c'est Google. Amazon tente bien que mal d'éteindre l'incendie (est-ce le mieux placé, cf l'épisode  "1984", pour faire la morale à son frère aîné ???).

Ce 3 septembre, le New York Times nous l'apprend (toujours rien en ligne coté Hexagone ; l'Amérique, c'est loin, tais-toi...) : des acteurs de choc ont pris fait et cause pour Google.

Excusez du peu, il s'agit  :

1 - du Président de l'United States Student Association Gregory Cendana qui déclare : "Today, millions of books are accessible only to the privileged few who are accepted to universities and can actually afford to attend" ni plus ni moins et de rajouter, pour enfoncer le clou : "With Google Books, any student anywhere in the U.S. will have the books in the greatest libraries of the world at their fingertips. The United States Student Association believes that education is a right, and should be accessible for any student regardless of their socioeconomic background and identity" c'est clair  ; 

2 - du président Andrew Imparato de l'Association américaine des Handicapés qui se fend d'un : "The fact that people can go online and get access to books and not have to deal with transportation and not have to get to a library ... or a book store is a huge benefit for people with disabilities."  Si j'ai tout compris, les américains n'ont plus besoin de libraires, de bibliothèque, ni même de se déplacer, le livre vient à eux... éloquent ;

3 - pour couronner le tout, Wade Henderson, president and CEO of the Leadership Conference on Civil Rights (un autre poids lourd) qui tout de go assure : "We see access to knowledge as a civil right," ... "Information enables individuals to learn, to create and to pursue their dreams. Access to knowledge defines the meaning of equal opportunity in a democratic society", ce qui en soit est légitime et respectable.

Et pour achever la bête, la conférence réunissait parmi les autres acteurs :  the Computer and Communications Industry Association, the League of United Latin American Citizens, the National Federation of the Blind and the Leadership Conference on Civil Rights. Personne n'a pipé mot, tous ont apparemment applaudi des deux mains. Les arguments présentés sont recevables, mais quid de l'autre côté du miroir ???

Outre Amazon, Yahoo! et Microsoft semblent s'en émouvoir, ainsi que le gouvernement allemand ; parle pas de la France dans le NYT.

Voilà, j'ai résumé l'article, la totale c'est là.
Désolé, je ne pourrai venir ; j'aurais tant aimé...

Ben y a du travail à faire ; mais que fait le Ministre de la Culture ? Si vous passez par la maison de la Chimie jeudi 10 septembre, vous pourriez peut-être lui en toucher deux mots. Mais que fait-on pour les auteurs/créateurs ? Au passage, merci le SNE. 
L'espoir fait vivre, reste tout juste un mois, mais ne soyons pas naïf, immobilisme garantit et y aura pas joker.

jeudi 3 septembre 2009

Franchir le Rubicon

illustration DR via http://www.mikael-cabon.com

C'est fait !

La librairie Dialogues à Brest, une des derniers digne représentant indépendant dans le domaine de la librairie vient de déposer un brevet le 14 août (à l'aube de nos débats numér'îles sis à Ouessant, dans le cadre du 11e salon international du livre insulaire).

Précurseur en Fance sur ce type de prestation, M. Kermarrec annonce donc ce jour, via un article élogieux chez Ouest-France en pages nationale Culture, la mise en place de ce process qui à n'en pas douter dera des émules dans le reste de l'Hexagone. A lire ici

Info publiée également sur Le Télégramme de Brest, à lire là.

Créée en 1976 par Marie-Paul et Charles Kermarrec, la librairie Dialogues est le phare littéraire de la cité du Ponant, bien connue de nos amis parisiens qui viennent de temps à autre respirer l'air du large, le temps d'une dédicace dont un tout particulièrement, amoureux de la typographie, précurseur et évangéliste ... du livre et du papier numériques.

Vous l'avez, bien sûr tous reconnu, il nous a fait l'honneur d'animer les débats numer'île sur l'Enez Eussa le 21 août dernier.
La Bretagne, terre d'innovation, crève l'écan...

mardi 1 septembre 2009

Etre auteur et en vivre

illustration Thomas Hawk - Flickr

Septembre, l'été indien (bonjour à François Bon), la rentrée, scolaire, certes, mais littéraire, aussi, évidemment. Nous en en avons évoqué les grandes lignes à Ouessant en prémices —ne sommes-nous pas, aux avant-gardes, en Bretagne ?— à l'occasion du 11e salon international du livre insulaire.

C'est l'heure du bilan. Mais avant d'en écrire les premières lignes revenons sur les blogs qui, pour clore août finissant, nous ont apporté des pistes de réflexion intéressantes pour ne pas dire passionnantes.

Ils sont au nombre de trois, quatre, cinq (plus ceux que j'oublie, tant l'actualité se déchaîne)  pour être plus précis.

Des webacteurs que j'aime à lire et qui nourrissent notre réflexion sur l'avenir du livre et, en amont, le présent et l'avenir de l'auteur, nous en parlent.

Dans le désordre, sans en privilégier aucun, pertinents et dont le profondeur de la réflexion augure d'un automne détonnant, j'ai aimé lire ces dernières heures, les réflexions de :

1 - Tierry Crouzet dans toute une série d'articles mettant à mal les vieux schémas de pensée. Oui, il est temps de repenser notre regard sur l'acte marchand ; bref, de devenir un être 2.0 (je sais cela va horrifier plus d'un Henry (joke que comprendrons bon nombre de mes amis quimpérois...). Tout passe par le don et le partage : oui, Thierry pour l'économie des flux

2 - François Bon, exilé volontaire vers les terres du nord (notre invité d'honneur d'Ouessant 2009 : la terre d'en face, celle des Terre-Neuvas (merci Jean-Pierre Castellin pour la beauté de ton exposition photo), de la Madeleine (merci Sylvain Rivière pour l'excellence de tes interventions), de St-Pierre et Miquelon (merci Alexis Gloaguen pour ton témoignage émouvant). A lire sur publie.net une excellente analyse des droits d'auteurs et des solutions proposées (au-delà des discours, passons aux actes...) enfin un dossier exhaustif pour tout comprendre

3 - Marie-Catherine Bleuth (un peu éloignée de la littérature, du livre, mais qui partage ses éclats numériques —elle dit digital, anglicisme que je réfute—) qui décrit le modèle économique que nous prépare Facebook  ici et un autre sur la presse (des articles pour mieux appréhender le business model induit) ;

4 - Jean-Louis Gassée analyse le micro-paiement "à la facebook"  et Frédéric Filloux son complice sur MondayNote  nous parle quant à lui du modèle économique de la presse en Inde. Partage encore et quid des "autres" ??? - Encore et toujours problème de rétribution ;

5 - Et je ne peux oublier de citer Hubert Guillaud qui nous fait très bien la synthèse de ce magma en ébullition sur son blog ici ;

Tous ces liens nous ramènent à l'interrogation/affirmation de François Bon : il faut/il est temps de mettre à plat le système de rémunération des auteurs, ; nous ne cessons de le dire.

Mais que font donc nos élus ? Google et consorts va-t-il, le temps passant, peaufiner encore mieux sa stratégie d'engloutissement. Ensemble, il est temps d'agir.

NB : je profite de ces moments pré-matinaux (ma vie professionnelle trépidante ne me laisse  que de trop rares instants pour alimenter ce blog...) pour remercier (le mot est faible...) Bruno Rives, Isabelle Aveline, Jean-Louis Salaün, Gwenn, Samir, Isabelle Le Bal (bien sûr) pour leur extrême compétence et leur disponibilité de tous les instants. Ils nous ont permis de franchir une nouvelle étape à l'occasion de numér'île, premier du nom. Nous préparons activement d'ores et déjà Ouessant 2010... à suivre.

jeudi 27 août 2009

Populaire = peuple ?

copie d'écran de : E24

Et avec ça, Monsieur Pérol, vous en reprendrez bien une petite louche ?