jeudi 5 mars 2009

Kindle/iPhone : la jonction (US only)




C'est fait, Amazon vient de livrer une application (via l'AppStore d'Apple) permettant de lire sur l'iPhone les 240.000 ouvrages que l'on peut se procurer dans la boutique en ligne étatsunienne.
Jeff Bezos (le boss d'Amazon) a vite compris le potentiel ($) extraordinaire que représente les iPhone users et permet donc au Kindle de passer à la vitesse supérieure.

Pourquoi est-ce important ?
Depuis plusieurs mois, l'émergence de l'encre électronique se fait chaque jour plus omniprésente dans notre univers numérique.

Quoi qu'en pensent les sceptiques (en gros les acteurs de la filière du livre), l'encre électronique n'est pas là pour creuser leur tombe, loin s'en faut. J'ai eu récemment l'occasion d'une ébauche de dialogue avec un libraire important (un des rares indépendants à subsister en ville). Il est surprenant que les parties prenantes de la filière du livre ne fassent pas l'effort d'écouter ce que l'on tente de leur expliquer…

En gros, réveillez-vous ! (non non, je n'agresse pas). Explications.
L'arrivée de l'e-reader (lecteur électronique à partir duquel on peut lire un roman, consulter les actualités à l'instant t, sous forme d'un terminal de la taille d'un livre de poche, environ 250 g., voir le post ci-dessous : "Kindle2 le 24 février") va inéluctablement modifier nos comportements de lecture.

NON, je n'ai pas dit TOUS nos comportement, mais qu'il s'agisse :
- de livres anciens ou rares, difficilement voire totalement inacessibles ;
- de magazines, quotidiens (pour lesquels l'impression n'apporte aucune valeur ajoutée mais génère , indéniablement de graves dysfonctionnements climatiques) ;
- à terme des ouvrages scolaires (non ne hurlez pas, pensez juste aux dos de nos hères têtes blondes...) ;
qui pourrait se plaindre ou blâmer les nouvelles technologies ?

Bref tout ça avance et ne comptez pas sur les financiers et industriels de la vie digitale pour stagner...

En revanche, à l'évidence, de la même manière que le mp3 n'a pas tué la création musicale, qu'internet n'est pas le principal fautif de la crise qui secoue la presse internationale (le New York Times bat sérieusement de l'aile mais rien n'est joué pour l'heure, Ouest-France a relevé à 80 cents le prix de son quotidien), le Kindle, l'iPhone ou autres Sony, Samsung, … ne vont pas précipiter les libraires, bibliothèques dans les affres de l'enfer.

NON les écrivains, les éditeurs, les imprimeurs ne sont pas des espèces en voie de disparition : bien évidemment pour les romans, les poèmes, la littérature dans son ensemble et bien plus encore les ouvrages d'art, les beaux-livres, BIEN SUR, l'édition papier a et aura devant elle des beaux jours.

MAIS il faut penser cohabitation, juste répartition des ressources (préservons notre planète) et remodelage de la chaîne éditoriale : diriger vers le numérique ce qui se doit et réserver à l’imprimerie les « belles œuvres ».

Que les amoureux du vélin, ceux qui aiment à humer l'âcre odeur de l'encre soient rassurés : le livre tel que nous le connaissons avec les ligatures, le relief, le contraste des photos sera encore pour quelques décennies un trophée que les écrivains seront fiers de brandir aux flashs des reporters… (qui eux n’ont pas eu le choix, leur matériel est quasi exclusivement numérique). Ah, il est loin le temps de l’héliogravure…

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