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dimanche 1 novembre 2009

M. Gallimard se tire une balle dans le pied !


lecture en bibliothèque - photo jlb

Sur deux points au moins, Antoine Gallimard commet des erreurs et tente —de mauvaise foi— de faire porter le chapeau à ceux qui annoncent l'arrivée du livre numérique.


Lire à ce propos les deux pages consacrées ce weed-end dans Le Monde pages 18 et 19


Visionnaires à juste titre, B.R., F.B., I.A, L.S., H.B., H.G., C.K., O.E., M.D, R.C*, ... et tant d’autres qui en sont les flamboyants émissaires ne sont pas les mercantiles qu’Antoine Gallimard dénonce dans un réquisitoire au vitriol. Il tente de masquer une nouvelle OPA qu’il va certainement mener pour (ce sont des hypothèses probables) :


a- rattacher aux droits d’auteurs de base un avenant basé sur le même pourcentage, arguant des frais (inexistants) liées au livre numérique. Attention, depuis plus de vingt ans, les livres imprimés sont à base de fichiers déjà numérique,. Seule une mise en forme appropriée pour les rendre digestes sur les différents terminaux est à mettre en oeuvre. Enfin, rappel : les frais d’impression, de façonnage, de stockage, de livraisons (oui avec un « s »), de reprise et de mise au pilon sont à extraire du coût de production.


b - tenter de réduire le prix du numérique de -10% à -20% alors que la demande initiée par les usages (aux USA) situe la réduction à au moins -40% du format papier. En-deça, aucune chance de passer en force, personne ne gobera et le téléchargement illégal sera garanti. Rappelons qu’une coopérative existe, viable, en forte expansion et propose 50% des bénéfices au profit des auteurs pour une somme convenablement minorée par rapport au papier. Il convenait d’anticiper. C’est fait. Exemple à répliquer.


1 - Son manque d’intuition l'entraîne à un jugement erroné


À bien y regarder, n'est-il pas, lui le marchand de soupe, accusation qu'il porte envers les acteurs de la filière numérique ? En se défossant et en laissant croire que ces derniers sont les fossoyeurs de la littérature, il obère par là la faculté à tous de bénéficier d'une avancée technologique inéluctable. Car après la musique et le cinéma, pourquoi l'édition s'affranchirait-elle du numérique ? L'industrie des nouvelles technologies y va ; allons-y ensemble... ou restons sur le bord de la route.


De plus à s'insurger contre le téléchargement prévisible si le statu quo se prolonge —car une fois les dispositifs de lecture sur le marché ; rappelons que le coup d'envoi sera pour les fêtes de fin d'année— les consommateurs, une fois en possession des terminaux dédiés (e-readers et tablettes annoncées, car pour l'ordinateur et le smartphone, c'est fait) chercheront imanquablement du contenu pour satisfaire leurs désirs. Qui pourrait le leur reprocher ? Où le trouvera-t-il à votre avis si aucun offre légale en termes de contenu n’est disponible ?


Précisons que les oeuvres non soumises aux droits d’auteur (en France, 70 ans après la mort de l’auteur) sont disponibles gratuitement sur de nombreux sites associatifs. En aucune façon une entreprise n’est habilitée à en faire commerce, aucune.


Oui, Monsieur Gallimard, à défaut de se précipiter chez Google pour négocier, vous risquez précisément l’étouffement et par là même participerez au déclin du rayonnement de la culture française. Se dépêcher est urgent. Si Google part sans nous, son catalogue, sans nous mettra d’emblée le curseur de notre visibilité à la hauteur où nous le positionnerons.


Lundi 9 novembre, le juge fédéral de l’état de New York auditionnera les parties en lice pour le Google Book Settlement. En serez-vous ?

2 - Aujourd'hui il clame haut et fort ce que demain il idolâtrera...


Car évidemment, lorsque le succès viendra (quand ?), Monsieur Gallimard et ses comparses crieront haut et fort que, grâce au numérique... et que c’est une avancée formidable. Euros sonnants et trébuchants auront raison de sa diatribe d’aujourd’hui. A n’en pas douter.


Si je me trompe, prévenez-moi.


* N’étant pas habilité à parler en leur nom, j’inscris les initiales des évangélisateurs et des principaux acteurs du livre numérique en France.

samedi 11 juillet 2009

Hadopi 2 et l'Europe

visuel creative commons CC par Steamtalks

A lire l'excellent article de Fabrice Epelboin : 

 http://fr.readwriteweb.com/2009/07/10/entrevues/viviane-reding-constate-piratage-devient-sexy/comment-page-1/#comment-4988

Je retranscris mon commentaire déposé sur readwrite ci dessous .

Jamais entendu, tout au long d’Hadopi 1, une seule voix s’élever pour réclamer une solution intelligente à l’épineux problème de la rémunération des auteurs… on a préféré consacrer ses énergies à l’amende/mise en taule. C’est d’un grotesque.

Car en fin de compte, là est le noeud : répression à va crin ne règle en rien la nécessaire rétribution de l’auteur (ou alors, ça se saurait).

Bien sûr, il faut établir des passerelles dans les deux camps, bien sûr, les générations doivent communiquer vs s’affronter. Le gouvernement, par idéologie, se crispe sur ses positions, histoire de crédibilité/fierté etc. un peu de grandeur, que diantre.

Un peu de sérieux mesdames et messieurs les élus. Viviane Reding a raison, ce combat d’arrière garde est ringard et non-productif.

Derrière la musique, la littérature, le livre ont besoin de cette formidable cure de vitamine qu’offre le numérique. Pourquoi être aussi rétrograde/répressif. La solution type licence globale (ou autre) s’impose, bien évidemment.

Quant aux opposants du livre numérique, j’effleure le sujet du développement durable en mettant en avant une équation : produire une tonne de papier nécessite … 500 tonnes d’eau… De combien de litres d’eau dispose un occidental/jour ? Combien en dispose un indien ?

Quand le lobby du livre deviendra mature, les choses évolueront ? Mais Google, Sony, Amazon, Apple n’attendront pas le feu vert de la sarkozie pour envahir nos espaces. Le livre papier aura pour allié le numérique. Les deux coexisteront. Le débat se dégonflera à terme : Socrate s’inquiétait bien de la disparition de l’oralité quand le virage “technologique” du passage à l’écrit s’amorçait (voir Books juillet/août 09). Le débat fera fureur encore quelque peu…

Nous sommes à l’écoute de vos arguments dans le cadre de numér’île, une série de débats organisés pendant le 11e salon international du livre insulaire de Ouessant le vendredi 21 août (www.livre-insulaire.fr) ; débats menés par Isabelle Aveline et Bruno Rives.

Hubert Guillaud de son côté initie le bookcamp2 le 26 septembre : http://lafeuille.homo-numericus.net/2009/07/en-preparation-du-bookcamp-du-26-septembre.html

Je me rapproche un peu plus de la Cornouaille, en vous invitant à participer  au débat cité ci-dessus à Ouessant le 21 août (ça c'est du marketing viral...)